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27/06/2016

Laisse parler les gens

Laisse parler les gens :

 

On m’a dit laisse parler les gens

Alors je les laisse parler

Même quand ils sont énervants

Sans aucune humanité

 

Ils se révèlent arrogants

Sans jamais se démonter

Je les trouve indécents

Dans le verbe à gerber

 

On m’a dit laisse parler les gens

C’est une question de respect

Leurs mots sont enrichissants

Il faut savoir écouter

 

Ils se montrent intransigeants

Ont des idées bien tranchées

Ça me semble étonnant

Et je suis consterné

 

Je fais vœu de silence

Jamais je n’interfère

Sous un feu d’éloquence

Fais trois pas en arrière

Dans ce jeu d’importance

Où les mots savent déplaire

Je peux en l’occurrence

Choisir de m’en soustraire

 

On m’a dit laisse parler les gens

Ils ont tant de choses à dire

Ecoute attentivement

Sans jamais intervenir

 

Ils sont fins, s’avèrent subtils

Dans n’importe quel domaine

Leur parole est d’évangile

Et prends-en de la graine

 

On m’a dit laisse parler les gens

C’est le moins que tu puisses faire

Ils ont du tempérament

Un satané caractère

 

Les gens, c’est entendu

J’en ai croisé des centaines

Ont la langue bien pendue

A confier leurs problèmes

 

Je fais vœu de silence

Jamais je n’interfère

Sous un feu d’éloquence

Fais trois pas en arrière

Dans ce jeu d’importance

Où les mots savent déplaire

Je peux en l’occurrence

Choisir de m’en soustraire

 

On m’a dit laisse parler les gens

Ils possèdent une expérience

Qui leur confère de l’allant

Deux ou trois longueurs d’avance

 

J’ai entendu la colère

Constaté le dépit

Aperçu quelques travers

Et quelques anomalies

 

On m’a dit laisse parler les gens

Et alors tu apprendras

Que la vie est un instant

Qu’il faut saisir dans ses bras

 

Malgré les difficultés

Entends les gens, écoute mieux

Sous leurs mots gratinés

Ils veulent tous être heureux

 

Je fais vœu de silence

Jamais je n’interfère

Sous un feu d’éloquence

Fais trois pas en arrière

Dans ce jeu d’importance

Où les mots savent déplaire

Je peux en l’occurrence

Choisir de m’en soustraire

 

Le point de rupture

Le point de rupture :

 

Crois-moi j’ai retourné

Tout ça dans ma tête

Les doigts jaunes à fumer

Trop de cigarettes

 

J’ai cherché dans l’alcool

Un peu de courage

Notre amour qui s’étiole

Vaut bien un breuvage

 

Marre de me torturer

C’est bien trop malsain

Ne plus tergiverser

Ça ne sert à rien

 

Je ne vais pas y aller

Par quatre chemins

Encore moins m’étaler

Sur un feu éteint

 

Je veux seulement te dire

Tout est terminé

Je vais simplement partir

Sans me retourner

 

Il n’y a pas de rupture

Qui puisse bien se passer

Au coin des commissures

Quelques larmes à sécher

Ils glacent les au revoir

De faux plis l’épiderme

Et placent sur les regards

Un rideau qui se ferme

 

Tu vas me détester

Du moins je l’espère

Avoir un peu compté

Dans ton univers

 

On n’a pas su semer

Le temps qui s’affaire

A rendre compliqué

Les jours ordinaires

 

Des bâtons dans les roues

A nous balancer

Comment tenir debout

Sans jamais chuter

 

Je me dis après tout

On a essayé

Et perdu nos atouts

Pendant le trajet

 

Sincèrement je renonce

A continuer

Et simplement je t’annonce

Je vais m’en aller

 

Il n’y a pas de rupture

Qui puisse bien se passer

Au coin des commissures

Quelques larmes à sécher

Ils glacent les au revoir

De faux plis l’épiderme

Et placent sur les regards

Un rideau qui se ferme

 

J’ai fait des compromis

T’en as fait autant

A mon humble avis

C’est jamais suffisant

 

Il parait évident

Et ça m’éblouit

Qu’on avance rarement

En terrain conquis

 

Si je suis dévasté

Je fais bonne figure

Avec comme bouclier

L’orgueil en armure

 

Si je suis dépité

Je garde une posture

Tel l’oiseau échassier

De mauvais augure

 

Qui se permet de conclure

Tout est bien fini

Pour s’envoler vers l’azur

En bonne compagnie

 

Il n’y a pas de rupture

Qui puisse bien se passer

Au coin des commissures

Quelques larmes à sécher

Ils glacent les au revoir

De faux plis l’épiderme

Et placent sur les regards

Un rideau qui se ferme

 

14/06/2016

Elle me dit

Elle me dit :

 

Elle me dit va te raser

Tu ressembles à un hippie

Et tu sais les années

Soixante-dix sont finies

 

Et pendant que tu y es

Passe-toi un coup de tondeuse

Tes cheveux ratiboisés

J’en serais très heureuse

 

Elle me dit range tes affaires

Tes chaussettes et tes caleçons

N’ont vraiment rien à faire

Au milieu du salon

 

Et crois-tu que le garage

Puisse être un magasin

Sortir de leur emballage

Tes outils voudraient bien

 

Entre ce qu’elle dit

Et ce que je fais

C’est toute une histoire

 

J’entends ses avis

Mais sans écouter

Comme un grand écart

 

Entre mes défauts

Et ses qualités

On forme un duo

Malgré tout soudé

 

Elle me dit cesse de jouer

A des jeux sur l’ordi

Tu ne vas jamais gagner

Jamais finir Candy

 

Et puis arrête de cloper

Dés que t’as plus de vie

Y’a un nuage de fumée

Nuage qui s’épaissit

 

Elle me dit viens te coucher

Tu ressembles à un zombie

En face de ta télé

A moitié endormi

 

Et quand tu me rejoindras

Ne fais pas trop de bruit

En te glissant sous les draps

Ce serait bien gentil

 

Entre ce qu’elle dit

Et ce que je fais

C’est toute une histoire

 

J’entends ses avis

Mais sans écouter

Comme un grand écart

 

Entre mes défauts

Et ses qualités

On forme un duo

Malgré tout soudé

 

Elle me dit demain il y’a

Les courses l’après-midi

Bien sûr tu viens avec moi

Pour pousser le caddie

 

Pendant que tu le conduis

Mollo sur les jurons

Si on te double et gratifie

D’une queue de poisson

 

Elle me dit dimanche on va

Manger chez mes parents

Ne mets pas ton bermuda

Bleu jaune fluorescent

 

Et cesse de draguer ma sœur

Elle n’a que vingt-neuf ans

Et très peu à faire mon cœur

D’un quadra bedonnant

 

Entre ce qu’elle dit

Et ce que je fais

C’est toute une histoire

 

J’entends ses avis

Mais sans écouter

Comme un grand écart

 

Entre mes défauts

Et ses qualités

On forme un duo

Malgré tout soudé

 

29/05/2016

Content de te revoir

Content de te revoir :

 

Je suis content de te revoir

Après toutes ces années

De silence pesant

On pourrait aller s’asseoir

En terrasse pour discuter

Tu as bien un moment

 

Je suis toujours celui

Qui te rendait heureuse

Dont tu étais amoureuse

 

Mes cheveux ont blanchi

J’ai pris de la bedaine

Mais je suis toujours le même

 

Je pense à toi souvent

Le matin quand l’arôme

Du café hume mes neurones

 

Me reviennent ces moments

Où le bonheur en personne

Nous tenait dans sa paume

 

Je suis content de te revoir

Après toutes ces années

Mornes comme un étang

Je remercie le hasard

De nous avoir donné

Un peu de son talent

 

J’ai toujours les manies

Qui t’agaçaient parfois

Avant d’en rire aux éclats

 

J’ai toujours dans l’ordi

Tout un tas de photos

Où on fait les zigotos

 

Si je t’ai remplacée

Plusieurs mois quelquefois

Ça n’a jamais tenu

 

Et toi de ton côté

Combien y’en a-t-il eu

Qui t’ont serré dans leurs bras

 

Je suis content de te revoir

Après ces années

De vide ambiant

C’était une belle histoire

Comme celles racontées

Dans les romans

 

C’est vrai on s’était dit

Nous deux c’est pour la vie

Rien ne va nous séparer

 

Mais les intempéries

Les aléas de la vie

Ont tout contrecarré

 

Je ne nie pas mes torts

C’est rempli de remords

Que tu peux alors me voir

 

Bien sûr tu dois partir

Mais ça m’a fait plaisir

De recroiser ton regard

 

J’suis content de t’avoir vu

Et d’avoir entendu

Le doux son de ta voix

 

12/05/2016

Etre soi

Etre soi :

 

Etre soi ne se fait

Pas comme ça d’un trait

De crayon à papier

 

Il en faut des blessures

Des doutes et des ratures

Sans jamais renoncer

 

On a besoin d’échecs

De défaites qu’on dissèque

Pour pouvoir avancer

 

Etre soi c’est un peu

Un sentier sinueux

Aux pièges inévitables

 

Des virages tortueux

De la terre dans les yeux

Une tristesse de palpable

 

Beaucoup d’inattendus

Les traîtres et les vendus

Qui dînent à notre table

 

Comme un bloc de granit

Etre soi nécessite

Que le temps fasse effet

Pour cueillir le mérite

Boire à la réussite

De savoir qui on est

 

Etre soi c’est vraiment

Une lutte de chaque instant

Sous le feu des questions

 

En proie à ses démons

Qui forment un tourbillon

Le pas est chancelant

 

Etre soi y’a un hic

La peur fait rage, s’applique

A serrer l’estomac

 

C’est qu’en nous cohabitent

Tant de choses qui incitent

A délaisser cette voie

 

Comme un bloc de granit

Etre soi nécessite

Que le temps fasse effet

Pour cueillir le mérite

Boire à la réussite

De savoir qui on est

 

Etre soi ça implique

Des pairs qui nous indiquent

Le chemin du bonheur

 

Ce n’est pas dans son coin

En boule et anodin

Qu’on peut voir les lueurs

 

Etre soi c’est tentant

Déroutant, incertain

Mais on doit essayer

 

La vie est un diamant

Qu’il faut tenir en main

Pour bien le modeler

 

Comme un bloc de granit

Etre soi nécessite

Que le temps fasse effet

Pour cueillir le mérite

Boire à la réussite

De savoir qui on est

 

 

Aucun horizon dans son avenir

Aucun horizon dans son avenir :

 

Ma voiture n’en peut plus

Elle est au bout du bout

Mon auto est foutue

Elle ne tient plus debout

 

Pour le contrôle technique

Elle n’a pas d’illusions

Je crois bien qu’elle abdique

A tort ou à raison

 

Elle marche au ralenti

Sous un ciel gris puis noir

Et quand tombe la pluie

Elle prend l’eau de toute part

 

Le matin elle démarre

Ma foi, une fois sur deux

A croire que le cafard

S’installe sur ses essieux

 

Je sens bien qu’elle renonce

A s’battre en vérité

Et mes coups de semonces

N’y pourront rien changer

 

Y’a pas de potion

Pour la rajeunir

J’aurais dû c’est con

Mieux l’entretenir

Aucun horizon

Dans son avenir

Reste t-il une raison

De la retenir

 

Elle n’a plus cet entrain

De sa jeunesse enfuie

Cassé le frein à main

Vidée la batterie

 

Elle a baissé les bras

Et se voit dériver

N’étant plus en état

Ni envie d’avancer

 

Je l’emmènerai bien

Il n’est jamais trop tard

Voir un mécanicien

Ça la fout en pétard

 

Elle en fait du ciné

Se ferme de l’intérieur

Refuse de regarder

Dans le rétroviseur

 

Ses doutes existentiels

Au fond du réservoir

Elle me coule une bielle

De peur qu’on la répare

 

Y’a pas de potion

Pour la rajeunir

J’aurais dû c’est con

Mieux l’entretenir

Aucun horizon

Dans son avenir

Reste t-il une raison

De la retenir